Après un été caniculaire, un grand nombre de jouets d'été mal triés afflue : « Une piscine gonflable n’a pas sa place dans le sac PMC »
Chaque année, l’équivalent du poids de quatre tours Eiffel en déchets mal triés finit dans le sac PMC, ce qui représente un coût considérable

Flamants roses gonflables, piscines gonflables percées, matelas pneumatiques percés et pistolets à eau : maintenant que l’été caniculaire est derrière nous, on les retrouve étonnamment souvent dans le sac PMC, alors qu’ils n’y ont pas leur place. Fost Plus, l'organisation qui coordonne le recyclage et la réutilisation des déchets d’emballages en Belgique, constate en cette période un pic manifeste d’objets d’été en plastique mal triés. Ceux-ci font partie des 41.660 tonnes de déchets qui finissent chaque année à tort dans le PMC, ce qui entraîne des coûts de tri inutiles. À l’approche du grand nettoyage de fin d’été, Fost Plus insiste : « Seuls les emballages en plastique ou en métal et les cartons à boissons ont leur place dans le sac PMC. »
La présence de jouets d’été sur le tapis de tri n’est pas un phénomène nouveau, mais après la canicule de cet été, ce pic est particulièrement frappant. Les centres de tri PMC doivent actuellement traiter un nombre remarquablement élevé de piscines gonflables, de matelas gonflables et d’autres jouets en plastique qui n’ont pas leur place dans le sac bleu. Et cela n’est pas sans conséquences : les objets en plastique peuvent perturber considérablement le processus de tri.
Valerie Bruyninckx, porte-parole de Fost Plus: « Les jouets n’ont pas leur place parmi les emballages. Les machines de tri sont conçues pour traiter les déchets d’emballage et ne sont pas adaptées aux objets plus volumineux ou plus lourds, tels que les jouets cassés. Ceux-ci peuvent se coincer dans l’installation, perturber le processus de tri et, dans certains cas, même causer des dégâts. Il est donc préférable d’apporter les jouets d’été dont on ne se sert plus au recyparc, où ils pourront être traités de manière appropriée. Si les jouets contiennent des composants électroniques, ils doivent être déposés dans un point de collecte Recupel. »
1 000 euros par tonne
Retirer les déchets mal triés du flux PMC et les traiter correctement coûte en moyenne 1 000 euros par tonne. L’année dernière, cette facture s’est élevée à 40 millions d’euros. Les entreprises d’emballage financent ces coûts supplémentaires, mais ceux-ci peuvent en fin de compte se répercuter sur le prix payé par les consommateurs, souligne Fost Plus. De plus, des matériaux à forte valeur sont perdus et des opportunités de recyclage ou de réutilisation sont manquées.
Valerie Bruyninckx, porte-parole de Fost Plus: « Chaque erreur de tri est une occasion manquée de recycler. Parfois, le recyclage n’est même pas la meilleure solution. Les jouets d’été encore en bon état, par exemple, ont tout intérêt à trouver une seconde vie dans un magasin de seconde main ou une ressourcerie. En triant correctement et en réutilisant autant que possible, nous maintenons les matériaux en circulation plus longtemps. Au final, nous en tirons tous profit. »
Idées reçues
Bien que les Belges comptent parmi les meilleurs trieurs d’Europe, il reste une marge d’amélioration. L’année dernière, près de 13,5 % des déchets PMC collectés n’avaient pas leur place dans le sac bleu. Cela représente tout de même 41.660 tonnes de déchets mal triés, soit en moyenne un sac PMC plein par Belge. Ces dernières années, on observe une augmentation progressive du nombre d’erreurs de tri. Avec une nouvelle campagne de sensibilisation, Fost Plus souhaite faire baisser à nouveau ce pourcentage.
Valerie Bruyninckx, porte-parole de Fost Plus: « Les Belges trient bien et veulent clairement bien faire les choses. Pourtant, nous constatons que la proportion d’erreurs de tri peine à diminuer davantage. L’une des idées fausses est que le « P » de PMC désigne tous les déchets plastiques, alors qu’il concerne exclusivement les emballages. C’est pourquoi nous essayons de familiariser davantage les Belges avec ce concept grâce à un slogan simple : s’agit-il d’un emballage en plastique, en métal ou en carton à boisson ? Alors, il peut aller dans le sac ! »
Les quatre idées reçues les plus courantes
Les erreurs de tri dans le PMC reviennent toujours aux quatre catégories suivantes:
1. Les gros objets en plastique qui ne sont pas des emballages
Pensez aux meubles de jardin, aux jouets, à une boîte à tartines cassée ou à un seau : Tous ces objets sont en plastique, mais cela ne signifie pas qu’ils ont leur place dans le sac PMC. Seuls les emballages en plastique, en métal ou en carton à boisson peuvent y être déposés.
2. Les emballages non vides
Une bouteille de sauce à moitié pleine ou une boîte de conserve oubliée : les emballages contenant des restes sont trop lourds pour les machines de tri et finissent quand même dans les déchets résiduels – qui sont ensuite incinérés. Il faut donc les vider avant de les jeter.
3. Papier, carton et textiles
Les cahiers usagés, les cartons ou un t-shirt usé n’ont pas leur place dans le PMC, mais dans les collectes correspondantes (collecte du papier et du carton, conteneur à vêtements ou friperie).
4. Déchets hygiéniques et dangereux
Le matériel médical, les couches ou les objets tranchants rendent le processus de tri insalubre et dangereux pour les trieurs. Ils doivent être jetés avec les déchets résiduels (dans le cas des couches) ou dans le cadre d’une collecte spécifique.
Simon Laval
Baptiste Erpicum







